lundi 22 juin 2015

S comme L'insolite de Saint-Georges-les-Baillargeaux (86) - #challengeAZ

Et un jour, dans le cadre de mon dada pour la maternité, je me mis à collectionner la gemellité dans les registres paroissiaux...Je les cherchais, on m'en envoyait, je les indexais. On ne sait jamais ça peut servir. Total : 95 grossesses multiples, 64 paires, 30 triplés, 1 quadruplé.
N'oubliez pas que l'on associe trop souvent "gemellité" et "jumeaux" au nombre deux. Les jumeaux sont des enfants nés de la même ventrée pour utiliser une image claire léguée par nos ancêtres ces sage-hommes de curés. Et dans la même "ventrée", il arrive que les p'tits lardons soient, deux assez souvent, trois bien moins souvent, et quatre exceptionnellement.
Un jour donc, après quelques trios gemellaires fatals, forcément fatals, on m'envoya cette belle archive insolite que je m'empressai de mettre en ligne.


Cette fois, les trois enfants étaient nés vivants. Le premier survécut trois jours, la troisième un mois, et la seconde était absente des pages suivantes du registre, laissant planer l'espoir d'un avenir et suscitant l'enthousiasme des colistiers de GE86, comme autant de fées penchées sur ces trois petits berceaux !
On chercha un peu à raconter l'histoire de la famille Godet. 
Les parents Joseph Godet et Anne Dain s'étaient mariés à Jaunay-Clan le 20/2/1719. La naissance des triplés survint 15 ans après leur mariage.
L'âge de la maman n'est pas possible à déterminer avec précision, sans doute plus de 35 ans. Ce qui constitue un facteur de gemellité.
Anne et Joseph avaient déjà deux enfants : Anne Eleonor qui est née à Dissay en 1721 et Estienne qui est né en 1725 également à Dissay. 
Il n'y aura plus d'autre naissance après ces triplés. 
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Le 9 Avril 1734 sont nés trois enfants de même commerce tous fils de Joseph Godet et de Anne Dain son épouse. Lesquels ont tous été baptisés à la maison à cause du danger de mort, et ensuite le même jour portés à l'église pour leur être suppléés les cérémonies lesquels ont été nommés .... le premier qui est le garçon nommé René par Bruneau et Marie Dain, le second c'est une fille nommée Marie par Jean Rat et Marie Coindre, le troisième est aussi une fille nommée Marie Anne par Jean Bertonneau et Marie Anne Letard tous lesquels parrain et marraine le sont seulement au catéchisme.
G Philippe Vicaire de Saint Georges les Baillargeaux.
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Le 12 avril 1734 a été enterré René agé de deux jours, fils de Joseph Godet et de Anne Dain
Robin curé de Saint Georges
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Le 7 mai a été enterrée Marie Anne agée d'un mois , fille de Joseph Godet et Anne Dain.
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Source ADV Saint-Georges-les-Baillargeaux 1725-1736 page 100. 



La collectionnite est une maladie contagieuse. Sur la piste de la petite Marie, il y avait désormais du monde.
A qui allait-elle livrer son secret ? 
C'est grâce à la patience et à la lecture attentive d'Anita (GE86) que nous en avons su un peu plus sur la triplette de Saint-Georges ! 
Marie va grandir. ça c'est un vrai bonheur d'archives. Prendre un enfant par la main et l'emmener un peu plus loin que le cimetière d'à coté !
 Marie se mariera une première fois le 16 Janvier 1769 avec Maurice Sabourin à Poitiers (Saint Michel). 
Marie va vieillir et plutôt bien... Veuve de son premier époux, elle se remarie à Jaunay-Clan, le 30 Messidor An 7 (18 Juillet 1799)
 à l'âge de 65 ans 
avec Antoine Texier
Un p'tit jeune de 61 ans 
qu'on espère en pleine forme
 comme elle ;-)
On ne lui connait pas de jumeaux...
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Au cours du XVIIIème siècle, les naissances de jumeaux et à fortiori de triplés sont très souvent suivies de décès. La prématurité, l'abscence de soins, les difficultés de l'accouchement laissent peu de chance à ces nouveaux-nés là.
Le destin de la petite Marie Godet est fabuleusement exceptionnel.
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Source
 ADV Poitiers Saint Michel BMS 1763-1770 page 84
ADV Jaunay Clan M 1793-1802 page 111

vendredi 19 juin 2015

Q comme l'insolite de Queaux (86) - #ChallengeAZ




A Qeaux, aucun doute possible : De 1782 à 1792, on a un problème avec la matrone !!!  "Ondoyé et mort au bassin", "ondoyé et mort au bassin". La mention "mort au bassin", je ne l'avais jamais rencontrée jusqu'à présent. Les  mentions de morts-nés sont fréquentes dans les villages, la mort entoure la naissance, le risque est là, présent, lorsque la mère survit c'est déjà un grand soulagement. Ces mentions sont à peine des insolites, tant elles sont "banales". Mais parfois, il y a un problème, la mort envahit l'espace de la naissance. Il peut arriver qu'elle suive le parcours de la sage-femme sur une courte période, on pensera alors à l'infection qui se propage de maison en maison. Mais à Qeaux sur dix ans, je n'ai jamais vu ailleurs autant de mentions, inévitablement on pense à la matrone, face à une telle hécatombe. 1782, six morts au bassin pour quatorze naissances ! 1784 encore six enfants perdus... Au moins deux enfants morts-nés par an, souvent trois, quatre... Aucune mort maternelle. L'enseignement des sage-femmes dans le Poitou est encore bien rare. Madame Du Coudray est venue donner des cours, elle a apporté sa machine, le Dr Maury a pris le relai de cet enseignement. Mais il touche peu les campagnes et les curés commencent à peine à sélectionner les paroissiennes afin qu'elles bénéficient d'un rudiment de connaissances avant de s'instituer sage-femme du village. A Queaux, il est grand temps que le progrès arrive ! Ici c'est l'accumulation qui fait l'insolite et ces archives méritent que l'on se penche plus précisément sur le sujet, que l'on verifie les naissances ultérieures de ces accouchées, l'âge de leur décès. Anne Cavin perd son enfant en janvier 1785, et meurt en septembre, sans précision particulière, à l'âge de 33 ans.

Le chapitre des naissances est décidément étonnant à Queaux, nous voilà avec des triplés. Là, quelle que soit la formation de la sage-femme, les petits ont bien du mal à survivre, la mention d'ondoiement n'est pas étonnante pour les trois nouveaux-nés "morts au bassin" de Jacques Chantreau et Marguerite Régné
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Un petit assassinat me tire par la manche, les chemins, non plus, ne sont pas très surs à Queaux...


Antoine Martin âgé d'environ 35 ans ayant été assassiné hier soir en s'en allant du bourg chez lui au bourg de Grand Chaume ne m'ayant donné aucne marque de vie lorsque j'ai arrivé ou il a été trouvé il a été enterré au cimetière en présence de Antoinette Cherpantier sa mère, Jaque et René Martin ses frères, Pierre Martin et autres.
Source : ADV Queaux BMS 1720-1728 vue 36. Relevés GE86
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Heureusement, la vie religieuse à Queaux est riche : Reliques et baptêmes de cloche, nous content le quotidien de la paroisse, mentionnant les notables.


"L'an mil sept cent soixante et douze et le dix-neuf juillet, je prêtre curé de cette paroisse soussigné assisté de messieurs Gauffereau curé de Bouresse, Duffour curé d'Adriers, Ouillard curé de Lussac le Château, Conte curé de Gouex, Proust curé de Maserolle, Royer curé prieur de Salle en Toulon, Remerand père dedos gardien du couvent de la Rallerie, Bonnet curé de Persac, Coyrault vicaire de cette paroisse, nos confrères, ai fait l'exposition publique et solennele des Reliques des saints martins didier ... ... et tranquile que j'ai fait venir de Rome, les quelles ont été authorisées par le souverain pontife Benoist quatorse, comme il paraist par l'authentique qu'il a donné à ce sujet, le quatre mai mil sept cent quarante quatre par la quelle il en permait l'exposition à la veneration du public, signée ... cardinalis vicarius et contresignée Cardi Bienetisievetarius, la quelle authentique a été reconnue et les reliques égallement authorisées par monseigneur de la Marlonie évêque de Poitiers qui en a donné un acte en forme en datte du deux aoust mil sept cent cinquante huit J. L. évêque de Poitiers, lesquelles Reliques j'ai fait enchasser les deux châsses différentes, dont ... en presence les ossements des saints martins didier, et clair, et..."

Relevé par http://geneablog86.over-blog.com/
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1727, 1751, 1788, c'est la fête des cloches au village !!!

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chasseur de loups :
MERIVE Janvier 1770
Source Série C66.
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jeudi 18 juin 2015

P comme l'insolite de Persac (86) - #ChallengeAZ



Au  menu des archives insolites, c'est l'ancien régime qui régale. Les curés sont bavards, et même s'ils obéissent aux lois de Dieu, il leur arrive de prendre quelques libertés avec le catéchisme de l'écriture des actes, ce qui nous mitonne d'étonnantes révélations.
La Révolution passée, l'officier d'Etat civil qui a pris le relai de la rédaction des naissances, mariages, et décès, plaisante nettement moins. Fini les ratures, les dessins, les poésies qui trainent sur les pages blanches, les chroniques météo et les rappels à l'Histoire. L'archive insolite, sauf lorsqu'elle fait mention d'un cadavre retrouvé sur un chemin est nettement moins bavarde.
Celle retrouvée à Persac n'en est que plus savoureuse. Les animaux s'invitent aux archives, sur invitation de l'acte de décès du jeune Léonardi Paolo, agé de treize ans, fils de Léonardi Franco, laboureur et Angela Dominique demeurant à Stréla dans le Duché de Parme. Le petit Léonardi  est domestique de Capellini Francesco, lequel est conducteur d'animaux : d'une ourse, d'un dromadaire et de trois singes !! Tous ces protagonistes sont mentionnés en marge de l'acte de décès du jeune domestique !!!
Voilà donc un acte triste qui pose une lueur joyeuse sur la vie du village de Persac. Si comme souvent, on ne saura sans doute jamais rien de la mort de ce jeune, on imagine les villageois à la fête, admirant pour la première et peut-être seule fois de leur vie toute cette ménagerie !
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Source : ADV Persac NPMD 1838-1840 p 45 gauche.

mercredi 17 juin 2015

O comme L'insolite de Orches.


Avec l'insolite, on croise parfois du beau monde. Voyez à Orches pour le baptême du petit Jules, un parrain VIP en la personne de Louis Georges Oudard Feudrix BREQUIGNY, dont le curé ( eh oui c'est encore le curé qui fait le travail) nous dit qu'il est l'un des quarante de l'Académie Française et de celle des Inscriptions et Belles Lettres !! Arrière grand-père maternel du nouveau-né ! Un tel ancêtre mentionné dans un baptême est un insolite dans l'insolite. Elevé ici à la puissance deux, puisque le petit Jules a la chance d'avoir encore son arrière grand-mère paternelle ! Une famille de centenaires à suivre ! Elevés au rang de parrain et marraine, les bisaieux se sont fait représenter, mais tout de même...
On notera au passage que Madame BAROUX est sage-femme sur Châtellerault, ça peut toujours servir ! Et qu'elle ne sait pas signer, ce qui est un peu inquiétant sur la qualité de sa formation. Mais c'est une autre histoire....
Revenons à notre académicien perdu dans un registre du Poitou.
Voilà les informations le concernant trouvées sur le site des immortels :


Né en Normandie, le 22 janvier 1714.
Historien et érudit, il fut admis à l’Académie des Inscriptions en 1759. Il fut nommé le 23 mai 1772 à l'Académie française, sans sollicitations, au fauteuil de Armand-Jérôme Bignon, en remplacement de l'abbé Delille dont l'élection n'avait pas obtenu la confirmation royale ; il fut reçu par le prince de Beauvau le 6 juillet 1772. Il fut le dernier élu sous le protectorat de Louis XV.
Le gouvernement envoya Bréquigny à Londres avec la mission de recueillir dans les archives et les collections nationales les documents relatifs à l'histoire de France ; il en rapporta 12 000 copies de pièces qui forment 107 volumes à la Bibliothèque nationale. Il assista à la dernière séance de l'Académie le 5 août 1793 ; quelques jours après, elle était dissoute par la Convention.

Mort le 3 juillet 1795.

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L'an mil sept cent quatre vingt onze et le neuf aout avant midi a été 
baptisé Jules Louis né du matin du légitime mariage de M. Pierre Louis
François La Chesnaye et Dame Marie Henriette De Varusse demeurant aux 
Clouseaux : le parrain a été M. Louis Georges Oudard Feudrix Brequigny
l'un des quarante de l'académie française et de celle des inscriptions et
belles lettres, bisayeuil maternel du baptisé représenté par le Sieur Pajeault
entrepreneur, et la marraine Dame Françoise Marguerite Douet veuve de 
M. François Gabriel Césard Courault Salvert, bisayeul paterneille du 
baptisé représenté par Madame Baroux sage-femme en la ville de 
Châtellerault, qui l'un et l'autre ont déclaré ne savoir signer....




mardi 16 juin 2015

N comme l'insolite de Nieuil-l'Espoir (86) - #challengeAZ


Des petits assassinés on en trouve quelques uns dans les registres paroissiaux, ils s'ajoutent avec bonheur à mes dépouillements judiciaires. Parfois les histoires se complètent, le curé est bavard et donne sa version, ou bien c'est un taiseux qui enterre les victimes de violence comme si de rien n'était. Mais, la plupart du temps, dans les registres paroissiaux, si l'on entend parler de la victime et pour cause, des circonstances et lieu de la mort, on entend rarement parler du criminel. J. Ferre le prêtre de Nieuil nomme clairement l'assassin de Gabriel BOUTET, lhomme de 45 ans, frappé à la tête à l'aide d'une pierre ( un grand classique des p'tits assassinats de l'époque) par un nommé François MAIGRET. Le pauvre Gabriel meurt 4 jours après son agression, le trois mai  1679. 


"Gabriel BOUTET a esté enterré par moy soubsigné
"en leglise de Nieuil lEspoir le quatoziesme may
"mil six cent soixante et dix neuf aagé de quarante
"cinq ans, ayant esté frappé a la teste dune pierre
"par un nommé François MAIGRET le trente avril
"susditte année et décéda de ce malheureux coup
"le troiziesme may aussi susditte année
J. FERRE prestre curé de Nieuil
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Source : Nieuil-l'Espoir-BMS-1677-1703-vue 9 (dernier acte) - Relevés GE86

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Baptême tardif avec initiation latine pour Marie, fille de Marie "cujus pater incognitus", eh oui, vous avez trouvé "dont le père est inconnu" ! Père inconnu, père inconnu, ce n'est pas vraiment une raison pour attendre six ans pour se faire baptiser. Calvin et sa religion réformée est en filigrane de cet acte particulier. Qui est la maman Marie GUIOT, est-elle vivante, partie ? La petite Marie a-t-elle été abandonnée ? Mise en nourrice ? Elle est "nourrie" au village de Vayolle par Catherine MARTRON et Jean GAULTIER, pourquoi, depuis quand ? Cette archive pose, comme souvent, plus de questions, qu'elle ne donne de réponse !


"ce jourdhuy huictiesme de decembre mil six cent
"cinq(an)te cinq Marie fille de Marie GUIOT cujus pater
"est incognitus aagee de six ans et demy ou en(viro)n
"toujours nourrit au village de la Vayolle de cette
"parrosse de Nieuil par Jean GAULTIER et Catherine
"MARTRON a esté baptisee p(ar) moy p(rê)tre soubsigne
"en leglise dud(it) Nieuil son parain est Jean
"MARTRON et sa maraine est Marie GAUTIER
"tous de cette p(a)roisse lesq(ue)ls ont declare ne scavoir
" de se enquis baptisee p(ar) moy

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Source : BMS Nieuil--1637-1673-vue 43 - Relevés GE86

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A l'inventaire des accidents, le puits est un grand fournisseur. Il y tombe bien plus de filles que de garçons. C'est ce qui arriva à la petite Jacquette FONTAINE, agée de 14 ans, dont on ne nous dit rien de plus... 

"Jacquette FONTAINE aagée de quatorze ans tombas dans le puis de la (...)
"de Nieuil voulant puiser de l'éeau et y mourut le seize septembre (mil)
"six cent quatre vingt cinq et son corps fut inhumé au cimetiere de (céans)
"par moy soubsigné le dix septiesme dudit mois susditte année
FERRE curé de (Nieuil)
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Source : Nieuil-l'Espoir BMS-1677-1703 vue 28 - Relevés GE86

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Et pour terminer, nous voilà avec un couple mixte !! Estranges Estrangers ! Charlotte TREPIGNAT appartient au beau monde de la paroisse, voyez, munie de tous les sacrements (pénitence, eucharistie, Extrème onction) elle est inhumée dans l'église le 12 mars 1707. Son époux est anglais et se nomme Henry BARKER, natif de Londres, et fils d'Henry BARKER milord, et clairon de la Couronne !!! Le registre qui abrite cette archive, est riche. On y trouvera également un vieillard mort sur le chemin, une pauvre noyée, et de nombreux décès de personnes agées qui ont toutes exactement le même âge : quatre-vingt ans ou environ. Enfin ça c'est pour ces messieurs, les dames, les pauvres meurent bien plus jeunes ! 

Le douzième jour de mars mil sept cent sept a esté inhumé dans 
L'église de nieuil Lespoir charlotte Trepignat femme d'henry
Barker natif de Londres fils d'henry Barker milor et clairon? de la coronne, après avoir reçu les sacrements de 
penitence d'Eucharistie et d'extremonction par moy soussigné 
Laq trepignat aagéé de 40 ans.  A. Orillard prêtre curé 
Source : Nieuil-l'Espoir BMS 1704-1722 page 15. 


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Chasseurs de loups 
Chatel François en 1770
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Patronymes relevés dans les Petites Affaires Criminelles de Nieuil indexées. 
LAURENDEAU -GUIGNIER - TURPAULT - DIXINIER

lundi 15 juin 2015

M comme l'insolite de Migné-Auxances (86) - #ChallengeAZ


A Migné-Auxances, l'archive est coquine !!

Le vingtcinquième aoust an cy dessus a esté baptisée en léglise de St-pierre
de Migné jeanne concue par fornication de laquelle le père le nomme a ce
qu'on ma raporté René (Jean rayé) RAT de la paroisse de Bonne sa mère est
Jeanne GIRAULT a esté parrain Vincent ROUX qui a signé le pr(esenàt acte
marraine Jeanne CAHOUR qui a declaré ne scavoir signer.

BMS-1689-1700-vue51/107-Migné (année 1695)

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Archive confiée par Cryptus Anonymus (GE86)

Le mois de Juin avance et le temps manque. Potager, petite descendance, l'été pictave impose son rythme qui s'ajoute à celui effréné de ce challenge. J'ai peur de ne pas terminer... Voici avec cette archive, une mise en bouche, si j'ose dire : un village, un insolite. Tranquillement et ultérieurement, dans la douceur de mes hivers plus solitaires, je compléterai les données sur chaque village et poursuivrai la ronde des villages de A à Z, un village par semaine... Environ.
De l'étonnement partagé à la collection. 
Certains me demandent comment j'en suis arrivée là. Là, à tant et tant d'insolites retrouvés.
Il y a la vie des blogs et il y a la vie des clubs. Le mien s'appelle GE86. Inscrite depuis mes premiers pas en généalogie, c'est là que j'ai posé mes premières questions naïves, que j'ai découvert cette passion des archives, que je me suis fait des amis, que je me suis fait doucher aussi... C'est là, à travers une liste de diffusion dynamique, que j'ai rencontré des passionnés discrets, talentueux, indulgents souvent et parfois bougons.
Les sorcières se méfient des fées, mais n'ont pas peur des ogres.
Il est des ogres paléographes étonnants.
Cryptus Anonymus, que tout l'monde connait dans l'Poitou généalogique est de ceux-là. Le XIXème, XVIIIème c'est pas son rayon, c'est trop facile à lire. Lui, il lui faut du lourd, du challenge, du déchiffrage, du XVIIème.
Pendant que certains, comme moi, usent leurs lorgnons sur trois lignes, lui a dévoré trois pages, mis en contexte, en synthèse.
Bref, un artiste, comme tant d'autres méconnus de nous pauvres geeks ! La toile n'est que la partie émergée de l'Iceberg. Rendre hommage, assurer à travers nos publications, nos indexations, une mise en lumière de ce talent là, c'est une chance,
Une vraie chance.
La chance que me donnent souvent Cryptus et les autres de la bande de GE86, en partageant leurs trouvailles, en corrigeant mes fautes de lecture...
Merci à eux, merci à GE86.

A suivre !!!

samedi 13 juin 2015

L comme l'insolite de Leugny (86) - #ChallengeAZ



Le Challenge de cette année est celui des gourmands. Evelyne qui nous régale jour après jour  et tous ces petits plats se dégustent sans faim de A à Z. La faim ? L'archive la raconte en quelques mots qui nous prennent aux tripes, dessinent des courbes, et en appellent à l'histoire.



En cette année 1694, le Roi Soleil, ébloui par la construction de son palais versaillais, va-t-il enfin y voir un peu clair ? Depuis deux ans déjà, il fait froid dans son royaume, si froid que l’on parlera de « petite période glaciaire ». Les récoltes sont médiocres, d’année en année réduites à néant, aggravant la précarité des couches populaires. L’hiver 1693/1694, le thermomètre chute encore. Le setier de blé atteint des records à 52 livres. En ce printemps 1694, trop froid et trop humide, le Parlement, enfin, réagit. Il ordonne aux curés d’établir un bilan des pauvres de chaque paroisse, impose l’aide aux miséreux par les plus riches. Interdit aux malheureux d’errer sur les chemins !  Les curés multiplient les processions.  En mars, Jean Bart, corsaire, déjouant l’ennemi anglais, ramène 27 navires de blé des pays nordiques, puis encore 30, puis 60 ! A Paris les femmes se révoltent et  Fénelon  écrit à sa Majesté : « La France entière n’est plus qu’un grand hôpital désolé et sans provisions. »
Dans les maisons glaciales du Poitou et d’ailleurs, on fait du pain de n’importe quoi : du pain de fougère, du pain de gland, du pain d’orties, du pain d’herbes bouillies. Avec la malnutrition, les épidémies s’installent,  la typhoïde, la dysenterie, le scorbut gagnent : fièvres putrides, malignes, pestilentes achèvent d’affaiblir les corps. L’absence de nourriture pousse les pauvres sur les chemins, dans les bois, sur les routes, d’un village à l’autre, d’une région à l’autre.

La famine cruelle se lit les traits creusés  et pâles des enfants dénutris mais aussi des adultes. Les abandons se multiplient, des hordes de petits mendiants errent sans ressource et sans secours dans les campagnes démunies comme dans les villes.

 Les villageois désemparés, fouillent les bois, rongent les racines et meurent d’épuisement n’importe où,  là où la faim les a menés et où la faucheuse les guette. Méthodiquement, le curé de Leugny enterre ses paroissiens : des nourrissons, des enfants, des jeunes, des vieillards.

 Méthodiquement le curé de Leugny note sur son registre la cause de chacune de ces morts révoltantes, le désespoir est dans l’énumération  : mort de faim, mort de misère, mort sur le chemin, mort d’épuisement, mort faute de nourriture, mort de défaillance en pleine rue….

En ce printemps 1694, la mortalité a doublé dans le royaume,  la population a baissé de 6,8%, la natalité est en chute, on ne marie plus, et les grossesses sont rares. En ce mois d’avril 1694, le curé de Leugny  désespéré, ne sait pas encore que cette année, enfin, les récoltes de son village seront meilleures et qu’il verra la famine reculer.


vendredi 12 juin 2015

K commme L'insolite de Karacadagdemirci (86) - #ChallengeAZ.



Comment ça il n'existe aucun village commençant par un K dans les registres de la Vienne ? Mais si bien sur !!! Il existe des milliers de villages commençant par la lettre K dans la tête de Ménard,  prêtre d'Angles-sur-l'Anglin !


De quels rêves d'empire du levant, le prieur peuplait-t-il ses mille et une nuits et ses jours d'Angles ?
Quelles envies de voyage, quelles lectures l'amenèrent à cet inventaire à la Prévert ?
Menard l'orientaliste nous offre en deux temps un lexique complet de l'organisation de l'armée et de la société ottomane.
Une première fois au tout début de l'année 1688 et une seconde fois à la fin de cette même année.
Sans autre explication.
Fascination à la lecture d'un ouvrage de voyage ?
Lequel ? Pourquoi ?
Loti n'était pas encore né, mais Busbecq était déjà revenu avec quelques lettres...

BMS 1684-1690
page 47  B-A BA de l'armée ottomanne.



Il y a 12000 janissaires dix desquels ont leur Odabassi
Le Bolachbassi commande à cent innissaires ainsy il y a 120 boluchbassi des innissaires
Les solachs sont des estafiers du prince et sont 150
Le solachbassi est leur chef
Les spaccoglans sont 3000 jeunes gens qui accompagnent le prince à cheval et sont à sa droite et ont
un Aga ou Capitaine, un lieutenant ou un sacronive?
Les silichtavs sont 3000 autres cavaliers qui marchent à la gauche du prince
Les 2 Olofagibassi c'est à dire les chefs des soldats ont sous eux 2000 olofages
Les Caripoglans c'est à dire pauvres jeunes ... soldats sont 2000
Les 2 bracovbassi c'est à dire maitres d'écurie
Les 16000 sarrachi sont ceux qui accoutrent les brides, mous et selles
Les caissi sont valets d'étable
Les cavmandari ont le soin des mulets

Les danigi gouvernent les chameaux
Les cauviligi font paitre les trouppes de chevaux en divers lieux
les 40 peichs sont valets de pied .... qui courent partout aux ordres du prince
Les 2 achergibassi  à la charge des esperviers
les 2 achergibassi et chef des fauconniers
Les 200 zaniglier sont sou le zachergibassi
Le gebegibassi a la charge des armures et commande à 500 gabazi
Le Topcigibassi est le chef des canonniers
.... sont les 3000 canonniers

L'imervalen Aga est le porte enseigne du prince et est capitaine de tous les mechters
L'Arpaemin est le pourvoyeur pour les bleds, et a un pvotogar ou lieutenant
Le savaemin est un pourvoyeur qui a la charge des chemins des édifices fontaines canaux
Le bavatemin est celuy qui dispense les commandements du prince par écrit, et exige les deniers
Le Dvagoman est l'interprète et truchement de toutes langues
Les Azamoglans sont les enfans de tribu dont on tire les innissaires et ont leur Aga
Les Asapi sont 1000
Le Baglerban de la mer c'est l'admiral
Les sangeacs sont les gouverneurs des places
les spacqui sont 30000 soldats à cheval
Les Timarati sont 20000 en nombre, et sont des soldats qui ont des commanderies et servent à la défense
Les Aquengi sont 60000 avanturiers à cheval
Les 7 baglerbens 1 de grèce ou d'Europe et 6 d'Asie, 1 de Natolie ou Asie mineur qui contient le pont, la Bithinie, la propre Asia, la Lidie, Cavie et Licie, 2 de Cavama..
qui est la licie et pamphilie 3 d'Aladule ou paphlagonie 4 d'Amasie et Joccato jadis capadoce et Galatie 5 de Mesopotamie et Armenie mineure
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page 57

Le muphti est le souverain pontife des Turcs
Le casnadarbassi qui est le chef des .... et est eunuque
chiuchter est celuy qui porte les souliers du grand Seigneur
Le Scilichtar porte l'arc et les flèches
Le chiocadar porte l'habillement
Le saraptar porte le vase d'eau
Le scemeglili porte le siège ( du grand seigneur)
L'odabassi est le chef de la chambre
Le Capabassi eunuque est le chef de la porte
Le Luilergibassi est le maitre des dépenses
Le saraidarbassi est le garde du serail et est eunuque
Le capoglan est le chef des jeunes gens
Le bostangibassi est le chef des jardiniers
le protogere est son lieutenant
Le boluchbassi préside sur dix jardiniers
L'Assibassi est le maitre des cuisiniers
Le Cavalgibassi est le chef des confituriers


Le Casnergirbassi est le chef des dépensiers et ... maitre d'hotel
le mutpachemin est le dépensier
Les sacca sont les porteurs d'eau
Les capigibassi sont les capitaines des portes
Les capigiquequessi est l'autre nom des capigi
Les Cadilesquiers talismans sont les docteurs de la loy
Les cadi sont les juges
Les muchdubassi sont comme ...
Les defterdari ou teferdari sont comme nos trésoriers
Les 2 rosunamogi sont les maitres clercs qui recoivent et déboursent l'argent
Les desnadars sont les peseurs qui payent les aspres et ducas
Les Saraffieri sont les banquiers qui connaissent l'or et l'argent s'il est bon
Le Nessargibassi est comme le chancelier qui signe les lettres du prince


Les 10 casnadri sont les petits trésoriers sous le cajnadarbassi
Les bestermin sont sou les casnadri et tiennent registre des gages des officiers
Les 80 mutaferaques portent la lance tous les jours quand le prince sort en campagne
Le chirusbassi? est le chef des sergens de l'armée
Le mechtarbassi est le chef des tapissiers du prince et de ceux qui...
L'Aga est le capitaine des Janissaires
Le Chaucaya est le lieutenant de l'Aga
Les Jannizerinssis est le scribe des janissaires
Le sech mombassi est le maitre des chiens de chasse.


Moi, Lulu Cavalgibassi (chef des confitures), certifie n'avoir pas eu d'autre solution pour participer au #challengeAZ que d'utiliser ce subterfuge pour la lettre K....


jeudi 11 juin 2015

J comme l'insolite de Jazeneuil (86) - #challengeAZ




Tic-tac, tic-tac, pour être à temps, le challenge court après la montre ! Juste le temps d'un bel hommage, sur cette archive insolite, un bel hommage, ajouté à la hâte, tic-tac, tic-tac, pour l'horloger de Jazeneuil !!! Tic-tac, tic-tac, la faucheuse, en ce cinquième jour de décembre 1687, tic-tac, tic-tac, à l'heure de la dernière heure, n'est pas à une heure près ! Tic-tac, tic-tac, c'est sur les une à deux heures du matin, que mourut notre horloger, en prenant son temps. Tic-tac, tic-tac, mais l'horloge, la précieuse horloge n'était ni au domicile du défunt, ni au poignet du curé !! Penser le temps d'antan, s'inscrire dans la durée de la lumière du jour, du rythme des animaux, du chant des oiseaux, et chercher à prendre le temps de compter les heures.
Le curé Vidard de Jazeneuil est aussi le frère du défunt. Joseph était son prénom, il était religieux de l'Ordre de Saint Bernard. Religieux, notre horloger. C'est lui, Joseph qui avait fabriqué il y a plus de neuf ans l'horloge de la paroisse, la seule, l'unique. Lui Joseph Vidard qui avait guidé dans son travail le serrurier, tic-tac, tic-tac, pour que le temps passe paisible et précis dans la petite paroisse.
Tic-tac, tic-tac...

mercredi 10 juin 2015

I comme l'insolite d'Iteuil (86) - #ChallengeAZ


A Iteuil, aussi , trop d’impôt, tue l’impôt ! 


Et tue parfois même celui qui le collecte ! Récupérer la taille, était une charge bien lourde, que l'on confiait généreusement aux membres du syndic de la paroisse. A Iteuil, en cette fin de mois d’août 1660, l'un des impots les plus impopulaires de mémoire d'ancêtre de contribuable, provoqua une sacrée rébellion accompagnée d'une belle fusillade. Deux pauvres paroissiens percepteurs en firent les frais. Ce jour-là, on mit en terre René MASSUCHON et Pierre SUZERAT dit "le petit masson", "tué dans la fusillade en ramassant la taille" !
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Mais au village, sans perception, tout le monde n'a pas mauvaise réputation ! Et l'on garde ses sous pour les marchands sont de passage,
10 juin 1650 on enterre un garçon mercier de passage, venant de Chartres, Jacques Parnier, agé de 23 à 24 ans qui avait été charitablement traité par Pierre Cadin et sa femme !
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Et trente ans plus tard, le 1 janvier 1680, la fille du marchand libraire agée de 12 jours meurt au village, ses parents Jean Brissonnet et Jeanne Lhoumeau sont de la paroisse de St Didier de Poiteris.
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Ici, comme dans tant et tant de paroisses de la Vienne, l'installation d'une cloche est l'occasion d'un baptême et d'une fête ! Celui de la petite cloche eut lieu le 12 Juillet 1716
Parrain Jean Pierre Lecomte escuyer de Pierre Durivault, conseiller du roy et Renée Brigitte Liège
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Celle-ci sonnera pour la mise en terre de ce pauve Jean Jouineau, 43 ans, fils de Marie Jorigny et de Pierre Jouineau retrouvé noyé le 12 décembre 1781 ! On n'en saura pas plus sur l'origine de cet accident, s'il s'agit bien d'un accident....


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Patronymes concernés par les petites Affaires Criminelles d'Iteuil répertoriées (inculpés, victimes ou témoins)
MENAUD - PERQUIAS -PERRIN - SOUCHET - SOULARD - TESSIER 

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Mémoire des Poilus d'Iteuil 
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