mercredi 20 janvier 2016

Voeux 2016.


Il faudrait déjà prendre le temps de raconter 2015.
2015, cette année si particulière qui a vu  tant d’événements personnels, familiaux, éclaboussés par l'horreur collective. Indissociables, terriblement indissociables : nos vies personnelles et cette horreur collective.
 A coté de tout ça que pèse le passé généalogique ? Pas grand chose. Sa valeur ludique s'épuise, sa valeur didactique est terriblement démentie, drame après drame, catastrophe après catastrophe.
Sidérant, le présent est sidérant. Il laisse les mots au garde à vous alphabétique. A peine l'envie d'une phrase que le présent la met entre parenthèses.
 A quoi bon ?
2016 donne envie de parler du temps qui passe, plus que du temps passé.
Mais qui sait.
Le présent n'en fait qu'à sa tête.
C'est une Brigitte qui cherche un Camuzard sur Généanet et adopte un bagnard.
C'est un village qui travaille son patrimoine.
Ce sont des photos d'un passé proche à trier.
C'est l'état civil de Paris qui m'offre quelques mariages.
C'est un migrant du levant sur une table de recensements.
C'est l'envie de coller des photos sur un joli cahier,
C'est l'idée d'écrire au stylo pour s'interdire d'effacer ses pensées.
C'est un petit tricot de laine, qui, une maille endroit, une maille envers, attend jour après jour, heure après heure, d'envelopper bientôt des petits bras qui s'agrippent, des petits pieds qui gigotent.
C'est l'espoir d'un futur apaisé.
2016, bonne année, salut et fraternité à tous, une maille à l'endroit, une maille à l'envers.



jeudi 24 décembre 2015

La Cigogne et le Père Noël.


Remise au top d'un ancien article, juste pour vous souhaiter à tous un 
très Joyeux Noël ! 

Comme chacun sait, depuis la nuit des temps, la Cigogne possède des ailes de géant, un long bec et un coeur d'artichaut. Ainsi affublée, elle distribue du bonheur de maison en maison, sans relâche et sans se soucier particulièrement des saisons.
A chaque mois suffit sa peine, telle est la devise de notre voyageuse.
Sans se soucier des saisons ?
Certes, certes, quoique...
Foi de sorcière, à tire d'aile ou à califourchon,  les lois de la gravité et de la lévitation sont dures et ce sont les lois.
En ce mois de décembre, regardez bien entre les étoiles !
La voyez-vous notre cigogne qui  crèche confortablement à l'arrière du traîneau du Père Noël ?
En 1773, déjà adepte avant l'heure du co-voiturage, notre passagère du vieux barbu, en profita pour se faire encore plus généreuse....
La preuve :


22 Décembre 1773 : Marie, Jean et Pierre, de Pierre COURTOIS et Jeanne CHAMBON  à Savigné (86)
23 Décembre 1773 : Trois enfants non nommés de Jean JEAUD et sa femme à La Bussière (85)
25 Décembre 1773 : Jean Marie et Louise de Claude LEMAITRE et Louise CROULANT à Gouex (86)
31 Décembre 1772 : Trois enfants dont deux siamois non nommés de Nicolas GUICHETEAU et sa femme à La Bussière (85)

Quelquefois le traineau prend un peu d'avance :
6 Décembre 1711 : Louis Marie et un troisième de Charles ROBIN et Louise LARCHEVESQUE à Ligueil (37)
15 Décembre 1695 : Antoine, François et Laurent de ROGEON et Louise FAYOUX à Champniers (86)

ou un peu de retard :
4 Janvier 1773 : Jacques, Marie et Nicolas de Jean TURPAUD et Louise RAT à Cissé (86)
21 Janvier 1663 : Nicolas, Thoinette et Marie de Louis DELESSE et Renée GALLIER à Bonneuil-Matours (86)
28 Janvier 1773 : Trois enfants non nommés de Pierre GLOIRIAU à Aizenay (85)
29 Janvier 1775 : Quatre filles non nommées à Noirmoutier (85)

Toujours est-il que sur un échantillon assez significatif de 28 naissances de triplés et plus (répertoriées grace aux lectures attentives des membres de GE86) j'en compte 10 entre décembre et Janvier. L'autre pic se situe entre Mai et Juin.
A méditer tranquillement (les BB de décembre se fabriquent en mars) autour de la dinde, comme du chapon, en vous souhaitant d'heureuses fêtes de fin d'année !
Et une pensée particulière à tous ceux à qui le Père Noël apporte aussi le cadeau d'anniversaire !

Retrouvez le détail de ces naissances sur Les Archives Insolites de la Vienne.









mercredi 4 novembre 2015

L'ermite de Bellefonds - Echo et Ressources bibliographiques ! Le site de Claude Garda.

A la Une du B du #ChallengeAZ et d'une chronique de Centre Presse, le village de Bellefonds, un village presque parfait, a reçu un écho et non des moindres !
Ah  L'écho... Une belle récompense pour ce modeste  travail. 
Mettre en valeur l'archive, faire savoir, susciter la curiosité, interpeller, raconter simplement, se tromper parfois, mais donner envie d'aller plus loin.
Un événement, un village, un sujet.



 Lire, fouiller, retrouver, réunir, et parfois, avoir la chance de mettre en valeur le travail d'un autre. Un travail d'érudit, parfois de spécialiste, toujours de passionné.
C'est Bernard Dugué l'ermite de Bellefonds qui interpella Monsieur Garda lors de sa lecture quotidienne de notre Centre Presse régional. Les ermitages du Poitou, sont une des spécialités de ce professeur de lettres dont les nombreuses publications reflètent la passion et le travail.

Claude Garda nous emmène à Bellefonds, il y a rencontré notre Bernard Dugué et nous en apprend beaucoup sur ce solitaire :

Une ressource à garder dans ses favoris ! 

Merci Monsieur Garda ! 

mardi 27 octobre 2015

#Geneatheme d'Octobre. 100 mots pour une vie.


Rester sans mot, cent jours, sans savoir pourquoi…
Cent mots pour une vie c'est sans souci ! 
Une vie ? Quelle vie? La mienne ?
Née de Louise et Modesto, sans douleur, épousée sans-l’sou d’Alain, mère sans-façons de six vies, grand-mère sensass. Sempiternelle sang-mêlée, sans-gêne, cent racines.
S'encrer, assembler les mots sensibles.
Nuit sans sommeil, sanglot, deux enfants aux Amériques et  ma sansonnette,  envolée du nid…
Cent logis pour une fratrie !

Ensemble, déjà loin sur le sentier de la vie, s’embarquer encore, s’emmêler déjà, s’embraser toujours et sans mot dire, espérer sentir encore à cent ans la flamboyance de l’automne.

dimanche 25 octobre 2015

Tic-tac, Tic-tac, passage à l'heure d'hiver !

Tic-tac, Tic-tac, passage à l'heure d'hiver ! Une petite heure de rien du tout et me voilà en avance ! Les pintades aux noix mijotent, les lessives sèchent, et ma p'tite descendance levée trop tôt a opté pour une petite sieste matinale revigorante, ce qui ramène étrangement un peu de silence dans la maison. Un peu de silence, le temps de chuchoter un peu sur le temps, comme nous l'avons déjà fait, il y a déjà quelque temps...
Westminster, mon amour...
Jazeneuil, la mort de l'horloger. 
L'heure d'été des archives...

lundi 5 octobre 2015

#Geneatheme Septembre - Pourquoi un blog ?


Le problème lorsqu'on blogue depuis longtemps, c'est cette étrange impression de radoter qui s'ajoute aux années qui passent et aux cheveux qui blanchissent, à ce besoin parfois de faire répéter...
On finit par devenir un généalogiste à part entière...
C'est à dire un vieux. 

J'ai eu l'occasion samedi de plaider la fonction "ressources" des blogs, afin que ceux qui ne publient plus, pour une raison ou une autre, ne finissent pas à la benne des veilleurs généalogistes, dans ce monde de l'immédiateté si peu utile.
2 ans sans billet et hop poubelle ! ça alors ! 
Pour lutter contre la généalogie kleenex, je crois que je vais essayer la fonction recyclage des articles. Une manière de généalogie verte, en somme. 
Je réédite donc celui-là, qui fait partie de vos préférés( si j'en crois ma colonne de droite), avec, à peine, quelques modifications en italique.  

Une manière de vous donner des nouvelles, parce que, hein, on sait jamais.
 Une manière de reprendre le clavier, 
Une manière de vous donner envie d'écrire.
Une manière de vous donner envie de chercher dans le fouillis de ce chaudron.
Une manière de partager. 
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Pourquoi internet ?
 Internet, son monde impitoyable, addictif, procrastinateur, plaggieur, glouton, bavard et si souvent tarte, qui élève, en quelques secondes, la c...  à l'échelle planétaire. 
M'enfin...

Dans ce monde là, le blog est peut-être le meilleur du pire. 


Pourquoi des blogs de généalogie ? 
Je fais de la généalogie depuis 2003. Plus de dix ans !
Saperlipopette ! 
Mais j'avais un blog de généalogie avant de faire de la généalogie.
 Ben oui !

 Enfin ce n'était pas un blog mais un forum. Le forum de la Godardière, créé au décours des premières cousinades. 


Ben oui ! 
J'ai fait des cousinades avant de faire de la généalogie ! Cousinades qui réunissent les descendants de Papi Cigare. C'est modeste certes, mais ça marche et ça se poursuit tous les ans depuis. 4 générations réunies à la dernière assemblée. Modeste : nous étions une trentaine, nous sommes plus d'une cinquantaine,



 chez moi, à Prinçay. 
Je suis fière de ça. J'y tiens. 
Le forum, (bidouillé par Guillaume mon n'veu), était fait pour garder le fil, d'une cousinade à l'autre. 
Garder l'fil pour garder l'sourire ! 
Garder le fil : entre les générations, entre ces cousins qui grandissaient et que nous n'emmenions plus faire 

de châteaux de sable 
et qui prenaient le large, loin sur cette planète qui est leur village. 


Garder l'fil : pour partager les photos d'aujourd'hui et d'hier.



Garde l'fil : pour se soutenir dans les coups durs. 


Garder l'fil : pour s'écrire des poèmes aux anniversaires. 


Garder l'fil : pour voir pleurer les vieux devant tant de poèmes d'anniversaire. 


Garder l'fil : pour commenter les photos anciennes. 


Les documents anciens...


Un jour Benoist (mon n'veu) a dit : 
On n'y comprend plus rien, il faut faire un arbre généalogique. 
Ben oui ! 
Saperlipopette ! C'est même pas moi qui ai eu l'idée de la généalogie ! 
Cest Benoist, mon n'veu ! 


C'était parti. Une feuille de papier, puis deux, puis une très, très grande feuille de papier, puis Ancestrologie et le forum, raconter, faire vivre ces découvertes, ces pages tournées de village en village, avant la mise en ligne des archives ! 
J'ai une famille formidable, j'ai eu plein d'encouragements autour de toutes mes découvertes. 
Petit à petit, je me suis sentie à l'étroit dans cet espace privé. Pas lâchée, comme certains ici ou là le disent, mais à l'étroit. 


J'ai ouvert Lulu Sorcière, ses p'tits délires, ses émotions, son JDD, ses lecteurs de la première heure ! 
Tout en surveillant le bourguignon, on a papoté, pleuré, rit, photographié, ralé...

Nous nous sommes tant aimés...


 Et moi j'ai de plus en plus archivé, enquêté....


Tant et si bien que j'ai fini par ouvrir Lulu Archive ! 


Et puis Mères d'Alors,
  C'est comme ça, de temps en temps, je range. 
J'aime bien mettre la pagaille, et ensuite...


 Ranger. Trier. Archiver.

Je me suis fait un peu happer par le sujet, mais je dormais peu. 
J'ai un peu délaissé Lulu Sorcière, le blog du présent 


 Heureusement que les piliers du JDD sont là pour me rappeler à l'ordre, m'épauler ! 
Les filles et Tonton, à table ! 
C'est dimanche !
Et le JDD aussi est passé aux oubliettes au grand regret de certains fidèles...

  
Le mal guérit par le mal, on dirait une potion du curé d'Angliers. 
C'est la généalogie descendante et les p'tites pousses qui courent dans mon jardin, qui me ramènent au présent, aux p'tits bonheurs. Ici un tricot, là un livre pour enfants, là une vieille comptine, là une recette de gâteau, et une envie de partager de nouveau, un peu plus de tout ça. 


 Et de temps en temps une petite histoire au détour d'un chemin, devant l'entrée d'un souterrain... Une petite main dans la mienne, libérée depuis belle lulurette de mes racines et de celles des autres, je retrouve, le fil conducteur de ma vie : 


le plaisir des mots, simplement. 

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Pourquoi bloguer ?
 Pour le plaisir de lire les autres, pour ces amitiés virtuelles que l'on croit éternelles...

A la dédicace de 2014, je ne changerai pas une virgule. 
Et des dédicaces, j'en ferai d'autres, et ce serait même une bonne idée d'en faire un thème...
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Je dois, pour jouer le jeu jusqu'au bout,
 dédier ce billet à un blog de généalogie. 
Je n'ai pas besoin de chercher, 
c'est une évidence, 
je le dédie à Odile. 
Odile Vaunois, que je connais depuis 15 ans à travers la toile. 
Odile qui fut la première sur la toile à me lire, avant les blogs, avant facebook, avant les forums, sur les listes de discussion. 
Odile, unique rencontre de la toile, pour qui je fus Gloria avant Lulu. 
Odile qui dans cet anonymat sorcier, sut plus tard, bien plus tard,
me retrouver, rien qu'à mes mots. 
Des mots, comme une voix. 
Faut avoir l'oreille. 
Odile qui aime mêler le présent au passé.
Odile qui touche en peu de mots.
Odile que j'aime lire. 
Odile avec qui je partage tant de racines souterraines. 
Odile qui n'est jamais loin. 


Odile et notre temps des cerises, car finalement, plus souvent qu'on ne le croit,
 internet sait se faire fête. 



lundi 22 juin 2015

S comme L'insolite de Saint-Georges-les-Baillargeaux (86) - #challengeAZ

Et un jour, dans le cadre de mon dada pour la maternité, je me mis à collectionner la gemellité dans les registres paroissiaux...Je les cherchais, on m'en envoyait, je les indexais. On ne sait jamais ça peut servir. Total : 95 grossesses multiples, 64 paires, 30 triplés, 1 quadruplé.
N'oubliez pas que l'on associe trop souvent "gemellité" et "jumeaux" au nombre deux. Les jumeaux sont des enfants nés de la même ventrée pour utiliser une image claire léguée par nos ancêtres ces sage-hommes de curés. Et dans la même "ventrée", il arrive que les p'tits lardons soient, deux assez souvent, trois bien moins souvent, et quatre exceptionnellement.
Un jour donc, après quelques trios gemellaires fatals, forcément fatals, on m'envoya cette belle archive insolite que je m'empressai de mettre en ligne.


Cette fois, les trois enfants étaient nés vivants. Le premier survécut trois jours, la troisième un mois, et la seconde était absente des pages suivantes du registre, laissant planer l'espoir d'un avenir et suscitant l'enthousiasme des colistiers de GE86, comme autant de fées penchées sur ces trois petits berceaux !
On chercha un peu à raconter l'histoire de la famille Godet. 
Les parents Joseph Godet et Anne Dain s'étaient mariés à Jaunay-Clan le 20/2/1719. La naissance des triplés survint 15 ans après leur mariage.
L'âge de la maman n'est pas possible à déterminer avec précision, sans doute plus de 35 ans. Ce qui constitue un facteur de gemellité.
Anne et Joseph avaient déjà deux enfants : Anne Eleonor qui est née à Dissay en 1721 et Estienne qui est né en 1725 également à Dissay. 
Il n'y aura plus d'autre naissance après ces triplés. 
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Le 9 Avril 1734 sont nés trois enfants de même commerce tous fils de Joseph Godet et de Anne Dain son épouse. Lesquels ont tous été baptisés à la maison à cause du danger de mort, et ensuite le même jour portés à l'église pour leur être suppléés les cérémonies lesquels ont été nommés .... le premier qui est le garçon nommé René par Bruneau et Marie Dain, le second c'est une fille nommée Marie par Jean Rat et Marie Coindre, le troisième est aussi une fille nommée Marie Anne par Jean Bertonneau et Marie Anne Letard tous lesquels parrain et marraine le sont seulement au catéchisme.
G Philippe Vicaire de Saint Georges les Baillargeaux.
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Le 12 avril 1734 a été enterré René agé de deux jours, fils de Joseph Godet et de Anne Dain
Robin curé de Saint Georges
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Le 7 mai a été enterrée Marie Anne agée d'un mois , fille de Joseph Godet et Anne Dain.
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Source ADV Saint-Georges-les-Baillargeaux 1725-1736 page 100. 



La collectionnite est une maladie contagieuse. Sur la piste de la petite Marie, il y avait désormais du monde.
A qui allait-elle livrer son secret ? 
C'est grâce à la patience et à la lecture attentive d'Anita (GE86) que nous en avons su un peu plus sur la triplette de Saint-Georges ! 
Marie va grandir. ça c'est un vrai bonheur d'archives. Prendre un enfant par la main et l'emmener un peu plus loin que le cimetière d'à coté !
 Marie se mariera une première fois le 16 Janvier 1769 avec Maurice Sabourin à Poitiers (Saint Michel). 
Marie va vieillir et plutôt bien... Veuve de son premier époux, elle se remarie à Jaunay-Clan, le 30 Messidor An 7 (18 Juillet 1799)
 à l'âge de 65 ans 
avec Antoine Texier
Un p'tit jeune de 61 ans 
qu'on espère en pleine forme
 comme elle ;-)
On ne lui connait pas de jumeaux...
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Au cours du XVIIIème siècle, les naissances de jumeaux et à fortiori de triplés sont très souvent suivies de décès. La prématurité, l'abscence de soins, les difficultés de l'accouchement laissent peu de chance à ces nouveaux-nés là.
Le destin de la petite Marie Godet est fabuleusement exceptionnel.
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Source
 ADV Poitiers Saint Michel BMS 1763-1770 page 84
ADV Jaunay Clan M 1793-1802 page 111

vendredi 19 juin 2015

Q comme l'insolite de Queaux (86) - #ChallengeAZ




A Qeaux, aucun doute possible : De 1782 à 1792, on a un problème avec la matrone !!!  "Ondoyé et mort au bassin", "ondoyé et mort au bassin". La mention "mort au bassin", je ne l'avais jamais rencontrée jusqu'à présent. Les  mentions de morts-nés sont fréquentes dans les villages, la mort entoure la naissance, le risque est là, présent, lorsque la mère survit c'est déjà un grand soulagement. Ces mentions sont à peine des insolites, tant elles sont "banales". Mais parfois, il y a un problème, la mort envahit l'espace de la naissance. Il peut arriver qu'elle suive le parcours de la sage-femme sur une courte période, on pensera alors à l'infection qui se propage de maison en maison. Mais à Qeaux sur dix ans, je n'ai jamais vu ailleurs autant de mentions, inévitablement on pense à la matrone, face à une telle hécatombe. 1782, six morts au bassin pour quatorze naissances ! 1784 encore six enfants perdus... Au moins deux enfants morts-nés par an, souvent trois, quatre... Aucune mort maternelle. L'enseignement des sage-femmes dans le Poitou est encore bien rare. Madame Du Coudray est venue donner des cours, elle a apporté sa machine, le Dr Maury a pris le relai de cet enseignement. Mais il touche peu les campagnes et les curés commencent à peine à sélectionner les paroissiennes afin qu'elles bénéficient d'un rudiment de connaissances avant de s'instituer sage-femme du village. A Queaux, il est grand temps que le progrès arrive ! Ici c'est l'accumulation qui fait l'insolite et ces archives méritent que l'on se penche plus précisément sur le sujet, que l'on verifie les naissances ultérieures de ces accouchées, l'âge de leur décès. Anne Cavin perd son enfant en janvier 1785, et meurt en septembre, sans précision particulière, à l'âge de 33 ans.

Le chapitre des naissances est décidément étonnant à Queaux, nous voilà avec des triplés. Là, quelle que soit la formation de la sage-femme, les petits ont bien du mal à survivre, la mention d'ondoiement n'est pas étonnante pour les trois nouveaux-nés "morts au bassin" de Jacques Chantreau et Marguerite Régné
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Un petit assassinat me tire par la manche, les chemins, non plus, ne sont pas très surs à Queaux...


Antoine Martin âgé d'environ 35 ans ayant été assassiné hier soir en s'en allant du bourg chez lui au bourg de Grand Chaume ne m'ayant donné aucne marque de vie lorsque j'ai arrivé ou il a été trouvé il a été enterré au cimetière en présence de Antoinette Cherpantier sa mère, Jaque et René Martin ses frères, Pierre Martin et autres.
Source : ADV Queaux BMS 1720-1728 vue 36. Relevés GE86
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Heureusement, la vie religieuse à Queaux est riche : Reliques et baptêmes de cloche, nous content le quotidien de la paroisse, mentionnant les notables.


"L'an mil sept cent soixante et douze et le dix-neuf juillet, je prêtre curé de cette paroisse soussigné assisté de messieurs Gauffereau curé de Bouresse, Duffour curé d'Adriers, Ouillard curé de Lussac le Château, Conte curé de Gouex, Proust curé de Maserolle, Royer curé prieur de Salle en Toulon, Remerand père dedos gardien du couvent de la Rallerie, Bonnet curé de Persac, Coyrault vicaire de cette paroisse, nos confrères, ai fait l'exposition publique et solennele des Reliques des saints martins didier ... ... et tranquile que j'ai fait venir de Rome, les quelles ont été authorisées par le souverain pontife Benoist quatorse, comme il paraist par l'authentique qu'il a donné à ce sujet, le quatre mai mil sept cent quarante quatre par la quelle il en permait l'exposition à la veneration du public, signée ... cardinalis vicarius et contresignée Cardi Bienetisievetarius, la quelle authentique a été reconnue et les reliques égallement authorisées par monseigneur de la Marlonie évêque de Poitiers qui en a donné un acte en forme en datte du deux aoust mil sept cent cinquante huit J. L. évêque de Poitiers, lesquelles Reliques j'ai fait enchasser les deux châsses différentes, dont ... en presence les ossements des saints martins didier, et clair, et..."

Relevé par http://geneablog86.over-blog.com/
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1727, 1751, 1788, c'est la fête des cloches au village !!!

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chasseur de loups :
MERIVE Janvier 1770
Source Série C66.
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jeudi 18 juin 2015

P comme l'insolite de Persac (86) - #ChallengeAZ



Au  menu des archives insolites, c'est l'ancien régime qui régale. Les curés sont bavards, et même s'ils obéissent aux lois de Dieu, il leur arrive de prendre quelques libertés avec le catéchisme de l'écriture des actes, ce qui nous mitonne d'étonnantes révélations.
La Révolution passée, l'officier d'Etat civil qui a pris le relai de la rédaction des naissances, mariages, et décès, plaisante nettement moins. Fini les ratures, les dessins, les poésies qui trainent sur les pages blanches, les chroniques météo et les rappels à l'Histoire. L'archive insolite, sauf lorsqu'elle fait mention d'un cadavre retrouvé sur un chemin est nettement moins bavarde.
Celle retrouvée à Persac n'en est que plus savoureuse. Les animaux s'invitent aux archives, sur invitation de l'acte de décès du jeune Léonardi Paolo, agé de treize ans, fils de Léonardi Franco, laboureur et Angela Dominique demeurant à Stréla dans le Duché de Parme. Le petit Léonardi  est domestique de Capellini Francesco, lequel est conducteur d'animaux : d'une ourse, d'un dromadaire et de trois singes !! Tous ces protagonistes sont mentionnés en marge de l'acte de décès du jeune domestique !!!
Voilà donc un acte triste qui pose une lueur joyeuse sur la vie du village de Persac. Si comme souvent, on ne saura sans doute jamais rien de la mort de ce jeune, on imagine les villageois à la fête, admirant pour la première et peut-être seule fois de leur vie toute cette ménagerie !
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Source : ADV Persac NPMD 1838-1840 p 45 gauche.

mercredi 17 juin 2015

O comme L'insolite de Orches.


Avec l'insolite, on croise parfois du beau monde. Voyez à Orches pour le baptême du petit Jules, un parrain VIP en la personne de Louis Georges Oudard Feudrix BREQUIGNY, dont le curé ( eh oui c'est encore le curé qui fait le travail) nous dit qu'il est l'un des quarante de l'Académie Française et de celle des Inscriptions et Belles Lettres !! Arrière grand-père maternel du nouveau-né ! Un tel ancêtre mentionné dans un baptême est un insolite dans l'insolite. Elevé ici à la puissance deux, puisque le petit Jules a la chance d'avoir encore son arrière grand-mère paternelle ! Une famille de centenaires à suivre ! Elevés au rang de parrain et marraine, les bisaieux se sont fait représenter, mais tout de même...
On notera au passage que Madame BAROUX est sage-femme sur Châtellerault, ça peut toujours servir ! Et qu'elle ne sait pas signer, ce qui est un peu inquiétant sur la qualité de sa formation. Mais c'est une autre histoire....
Revenons à notre académicien perdu dans un registre du Poitou.
Voilà les informations le concernant trouvées sur le site des immortels :


Né en Normandie, le 22 janvier 1714.
Historien et érudit, il fut admis à l’Académie des Inscriptions en 1759. Il fut nommé le 23 mai 1772 à l'Académie française, sans sollicitations, au fauteuil de Armand-Jérôme Bignon, en remplacement de l'abbé Delille dont l'élection n'avait pas obtenu la confirmation royale ; il fut reçu par le prince de Beauvau le 6 juillet 1772. Il fut le dernier élu sous le protectorat de Louis XV.
Le gouvernement envoya Bréquigny à Londres avec la mission de recueillir dans les archives et les collections nationales les documents relatifs à l'histoire de France ; il en rapporta 12 000 copies de pièces qui forment 107 volumes à la Bibliothèque nationale. Il assista à la dernière séance de l'Académie le 5 août 1793 ; quelques jours après, elle était dissoute par la Convention.

Mort le 3 juillet 1795.

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L'an mil sept cent quatre vingt onze et le neuf aout avant midi a été 
baptisé Jules Louis né du matin du légitime mariage de M. Pierre Louis
François La Chesnaye et Dame Marie Henriette De Varusse demeurant aux 
Clouseaux : le parrain a été M. Louis Georges Oudard Feudrix Brequigny
l'un des quarante de l'académie française et de celle des inscriptions et
belles lettres, bisayeuil maternel du baptisé représenté par le Sieur Pajeault
entrepreneur, et la marraine Dame Françoise Marguerite Douet veuve de 
M. François Gabriel Césard Courault Salvert, bisayeul paterneille du 
baptisé représenté par Madame Baroux sage-femme en la ville de 
Châtellerault, qui l'un et l'autre ont déclaré ne savoir signer....